D'un point de vue professionnel, l'année 2009 a été très riche. Elle correspond plus ou moins à une première année de doctorat, entamé en septembre 2008 et interrompu en octobre 2009. Une année où j'ai fait mon maximum, et où la manque d'encadrement m'a été préjudiciable, mais pas dans le sens habituel. À l'inverse d'un jeune chercheur qui "lâche" généralement parce qu'il n'est pas assez soutenu/suivi, j'ai eu envie de tout arrêter après un investissement trop fort, trop élevé pour le maintenir à long terme. Surtout lorsque les retours positifs conséquents ne suivent pas, et qu'au contraire s'accumulent les obstacles.

Les retours positifs, ce sont les propositions de communications acceptées ainsi que les critiques encourageantes et en majeure partie satisfaites émises par le laboratoire de l'Université de Metz. Quant aux obstacles rencontrés, une explication détaillée s'impose.

D'abord, le plus important, l'absence total de financement après un an de prospection : aucune entreprise ne s'est montrée intéressée pour un CIFRE, bien que la plupart ait eu la délicatesse de souligner le potentiel de mon thème de recherche (l'apprentissage par le jeu vidéo), et surtout j'ai essuyé trois refus du Fonds National de la Recherche du Luxembourg, dont le dernier s'avère définitif. D'un côté les "lauriers" tombent (en France), de l'autre le niveau exigé paraît inattingible (au Luxembourg) ; pourquoi, je me pose la question tous les jours.

S'ajoute à cela l'impossibilité de donner des cours de TD dans ma situation initiale, c'est-à-dire en tant que doctorant "à temps plein". Ou plutôt l'impossibilité d'être payé par l'université pour donner des cours. Car dans mon cas, ayant plus de 28 ans et étant en formation continue, l'université ne peut me rémunérer que si je suis employé et que j'ai presté 900 heures dans les xx derniers mois (l'employeur verse des charges à l'État, pour l'université). Alors qu'au départ j'étais dans l'optique de consacrer 100% de mon temps au doctorat pour le terminer rapidement (critère absurde mais au combien important dans les dossiers de candidature pour une titularisation de MCF), je me retrouve à exercer une activité salariée à mi-temps, en vue de pouvoir, avec un an de retard, travailler pour la fac' ! Objectivement, je n'ai pas été correctement renseigné, mais je prends sur moi : j'aurais du insister, obtenir toutes les informations et connaître ces "subtilités" dès le départ.

Enfin, le manque de transparence de la part du labo de l'Université du Luxembourg. Au lieu d'appuyer l'équation "pas de bourse du FNR = pas de place de doctorant" et que les choses soient clair dès le départ, j'ai vécu une situation ambigüe qui m'a fait espérer, pendant presqu'une année entière, une "authentique" intégration à l'équipe de recherche, qui n'est finalement jamais arrivée. La manifestation la plus explicite concerne ma demande de bénéficier d'un espace de travail personnel, comme tous les autres doctorants du labo, qui a sans cesse été différée, mais qui aurait du être réfusée dès le départ pour plus d'honnêteté. Dommage, car j'ai toujours posé comme condition fondamentale d'évoluer dans un environnement propice à la recherche, et non pas de manière isolée à la maison, où il est difficile de se créer un contexte de travail rigoureux, efficace et source d'inspiration.

En somme, je me suis imposé une pression trop élevée pour moi-même, mais je ne m'en rends compte qu'avec du recul, une fois qu'elle a commencée à faire des dégâts, pour un résultat décourageant. J'ai eu raison de tenter "l'aventure" du doctorat, j'ai eu tort de dépasser la limite (raisonnable et réaliste) que je m'étais fixée au départ : stopper cette activité s'il n'y a pas de rémunération fixe, synonyme de reconnaissance "officielle" et crédible, au bout de six mois maximum.